Le « Berger et les Ours, » plus qu’un documentaire.
Question : Quelle trace, quelle place, voulons nous laisser au vivant dans notre propre environnement.?.
« Le « vivant » ne désigne pas seulement l’ours, mais aussi les brebis, les « patous », les forêts, les insectes, les rivières… et finalement les humains eux-mêmes. »
Le philosophe et anthropologue Baptiste Morizot, écrit que l’enjeu n’est pas de «sauver la nature» comme si elle était séparée de nous, mais d’apprendre à mieux habiter le monde avec les autres formes de vie.
« Si nous acceptons que le vivant ait une place, sommes-nous prêts à accepter qu’il ne soit pas toujours conforme à nos attentes ? Et quelle qualité de relation voulons-nous construire avec lui. Nous ne pouvons pas tout maîtriser ?! »
Tout ceci, pour dire, que le film a laissé aux trés nombreux présents la charge de répondre à toutes ces questions. Nous avons écouté les silences, reçus comme des upercuts les claques du tonnerre. Le film épouse le rythme de la montagne : les attentes, les nuits en estive. L’ours invisible, mais présent, laissant des cicatrices, une tension permanente, un personnage, engoissant.
Le portrait du berger. On sent qu’au-delà de l’ours, le documentaire parle aussi d’un métier qui disparaît, de la difficulté à transmettre un savoir-faire et une manière d’habiter le territoire. Le berger, Yves, qui continue son travail malgré tout, sans héroïsme affiché. Cela donne au film une tonalité presque philosophique. Il suggère que vivre en montagne, c’est accepter une part d’imprévisible, qu’il s’agisse de la météo, des bêtes ou du temps qui passe.
La complexité du conflit. Le film montre qu’on peut aimer la nature et souffrir de la présence de l’ours. Valérie, éleveuse de moutons, son fils Cyril, passionné de photo animalière, Christian, le papa ancien berger, nous rappellent, dans leurs discustions familiales, cette complexité.
Le réalisateur Max Keegan, en fin de projection c’est aimablement prété au jeu des questions. Un spectateur : « Bravo. Trés beau film. Qui n’est pas dans la polémique. L’ours à été réintroduit dans les Pyrénées dans une volonté politique non partagée. Avec mise en avant de l’impact économique sur les territoires. Mais nous devons nous rendre à l’évidence, seuls les éleveurs, les populations portent le poids de cette responsabilité. »
Merci au Cinéma Rex de Luchon, pour ces moments.
260 spectateurs.trices ont participé aux deux cinés-rencontres du film le 17 juillet « Le Berger et les Ours ». Isabelle Blouet du Cinéma Rex : « Merci au réalisateur Max Keegan, sa productrice Eléonore Voisard, Cyril Balthasar et sa maman Valérie, protagonistes du film. Merci à Jour2Fête pour sa confiance. »
>>>Le film est programmé aujourd’hui mardi 21 juillet, à 15h au Rex. En salle 1 Climatisée.
Il sera aussi à l’affiche vendredi 24 juillet à 18h45, dimanche 26 juillet, à 18h et mardi 28 juillet, à 20h30. Cinéma REX à Luchon.

